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Mardi 26 juin 2007

 

image google

Souvenirs d’une époque où la force de vivre ne pouvait s’alimenter autrement que par l’espoir d’un ailleurs…….

………..Puis les années passent. Le paysage vosgien m’apporte parfois le calme et le repos. Les grands sapins oscillent doucement, tels des mâts de bateaux. L’hiver, ils se couvrent de givre, semblent souffrir, à l’image des biches hardies qui viennent boire à la rivière. Cette vallée isolée se peuple alors de nombreux skieurs, apportant la ” civilisation “. Notre maison accueille les vacanciers, c’est ce qui nous fait vivre. Une partie des jeunes gens est chargée du service et c’est pour eux, un grand honneur. Ils viennent tous de l’Assistance Publique soit directement, parce qu’ils étaient orphelins soit sous la responsabilité de celle-ci.

Il y a Kevin, le petit Kevin, les yeux clairs, les cheveux en bataille. Il ne voit ses parents qu’une fois par an, pourtant, ceux-ci sont en permanence dans son esprit, l’absence a créé, chez ce jeune garçon, une sublimation compensatrice. Et puis, il y a tous les autres, ballottés de foyers en foyers, de familles en familles, cherchant en permanence des repères. J’ai eu, pendant trois ans, la responsabilité de ce groupe d’enfants, d’âge scolaire. A peine plus âgé qu’eux, ayant abouti dans cette maison dans les mêmes conditions qu’eux, je ressentais au plus profond de moi, cette quête de tendresse, d’amour, dans leurs yeux souvent tristes. Ce fut pour moi, malgré le travail que représentait la gestion de la vie quotidienne de ces enfants, une période d’épanouissement, de calme.

Où es-tu, petit Yvon, qu’es-tu devenu, toi dont le corps, souvent se révoltait. Tes colères exprimaient toutes tes demandes et je souffrais de ne pas suffire. Toi aussi, tu vénérais des parents qui t’avaient abandonné. Mais tu parlais de ta famille, comme si elle était là, présente, autour de toi. Tu n’étais dans cette maison, qu’en attendant. Tu attendais le futur, comme on attend une bouée de sauvetage. Tu voulais rejoindre le rivage. L’as-tu fait ? Je l’espère de tout coeur.

Et puis, il y avait les adolescents, dont je faisais partie. Une bande hétéroclite, bruyante. Quand on fait du bruit, on n’entend pas ce qui se passe dans la tête. Ils avaient tous un emploi, dans la ville voisine, l’époque était au plein emploi. Grâce à cela, la vie de ces jeunes gens prenait forme et déjà on pouvait distinguer ceux qui allaient s’en sortir et ceux qui irrémédiablement, ne pouvaient sortir de leur mal-être. Ces derniers, ne pouvaient, ne savaient pas comment prendre le train en marche, ils restaient sur le quai, spectateurs de leur propre malchance.

Je pense à toi, Michel, à l’heure actuelle, à la rue. Pourtant, tu étais éveillé, ouvert. Nous t’avons entouré. Tu étais sportif, la possibilité de devenir footballeur professionnel, t’as été offerte, mais tu l’as rejetée, préférant la spirale qui t’aspirait.

Pourtant, tu as rencontré une femme dynamique, qui t’as soutenu, pendant des années. Tu as eu deux enfants. Mais il y avait sûrement quelque chose de cassé en toi, qui faisait que tu n’intégrais pas les marques de soutien, que tu as pu avoir. Que deviens-tu ? J’ai appris que tu étais SDF. Toute volonté a dû t’abandonner, à l’image des jours où tu ne voulais pas te lever, malgré mes demandes. Trouvais-tu l’oubli, dans ce sommeil ? Sûrement.

Et toi, Franck, dont le courage forçait mon admiration. Tu étais là. Ta présence me suffisait. Toi, tu n’as pas sombré, bien au contraire………

Motpassant

Par lechat - Publié dans : Personnel
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Lundi 25 juin 2007

Les blogs ont-ils connu la gauche au pouvoir ? Ou les blogs sont-ils de gauche ? Voilà la question, qui vous le conviendrez est d’une extrême importance, je dirais même plus vital ! Avant 2002, les blogs existaient-ils ? Après des recherches intenses, j’ai pu constater qu’évidemment, c’est aux Etas-Unis où, l’on trouve les premiers blogs à la fin des années 1990. Les premiers blogs francophones voient le jour au Canada en 1995 et il faut attendre 1999 pour Blogger et 2002 pour Skyblog.Donc, après avoir fait ces constatations, lesquelles me direz-vous ne peuvent être faites que par quelqu’un qui n’a rien d’autre à faire, j’en déduis que les blogs n’ont pas connu la gauche au pouvoir.Et alors me direz-vous encore quelle importance ?

Il est vrai que cette constatation n’en a pas beaucoup mis à part que j’ai constaté que la grosse majorité des blogs est de gauche. Si, si, je ne peux évidemment pas les compter, mais pencher vous sur la question vous verrez que les blogs de droite sont l’exception parmi la multitude des blogs qui ont une sensibilité de gauche.

A ce stade, je me demande si cela vaut le coup de continuer ma réflexion, mais après tout, tant que j’y suis, autant aller jusqu’au bout et vous livrer la question que je me suis posé brutalement ce matin, cette question est : si la gauche était au pouvoir, est-ce qu’il y aurait à l’inverse plus de blog de droite que de gauche ?

En fait, pour la première fois les blogs ont permis à une population ne se sentant pas représentée par la classe politique dirigeante de s’exprimer et compenser ainsi cette frustration. Et cette nouvelle « liberté » a probablement accentué l’impression de rejet de la majorité en place, d’autant plus que ce média a permis de donner des avis sur tous les sujets sans en avoir forcément la maîtrise. Ce rejet pouvant ainsi se manifester, tranquillement de chez soi, sans avoir besoin d’adhérer à un parti, sans se déplacer et ce en tout anonymat.

Alors on pourrait se dire que ce phénomène est finalement positif, qu’il apporte sa contribution au débat, sauf que, d’après moi bien sûr et je ne détiens pas la vérité, il ne s’agit en aucune façon d’un débat. Il suffit, dans la plupart des cas, de mettre un commentaire en opposition avec l’auteur pour provoquer des réactions qui sont tout sauf un dialogue. Si bien que chacun reste campé sur ses positions, persuadé de la qualité de sa vision de la société, du bien-fondé de ses perceptions et gare à celui qui n’est pas sur la même ligne. D’autant plus que les mots d’un blog ne sont pas les mots de « la vraie vie », leur interprétation est source de malentendu. La notion d’écoute qui peut exister entre deux personnes face à face n’existe pas.

Ne faut-il donc pas parler de politique sur les blogs ? J’étais commerçant et la règle chez les commerçants était de ne jamais parler de politique au risque de perdre des clients. Or il se trouve que j’ai perdu des lecteurs de mon blog à cause de mes opinions politiques et ce à mon grand désarroi. Des gens intéressants, cultivés, dotés d’un bon sens de l’humour sont devenus soudain des adversaires féroces en face desquels il n’était plus possible d’argumenter sans rajouter encore à la situation. Et la sanction suprême était alors la suppression de la blog-roll ! Il n’y a qu’à aller sur Agoravox, plate-forme à grande ambition, je suis ironique en disant cela, pour se rendre compte de l’indigence des commentaires.

J’en reviens donc à mes blogs de gauche ou de droite et j’en viens à attendre impatiemment l’alternance pour voir si, alors, les blogs de droite seront aussi virulents que les blogs de gauche. Pour être honnête, je ne me fais pas d’illusion, à moins d’un miracle, le même phénomène se reproduira, mais en sens inverse.

Je dois dire pour être objectif que les quelques blogs qui s’affichent de droite ne sont pas en reste pour stigmatiser la gauche, mais ils sont très minoritaires.

Je ne suis pas sûr que mes digressions soient d’une grande hauteur d’esprit, mieux vaut les prendre au second degré. Mais cependant je dois dire que le contenu de certains blogs, au cours des derniers mois m’a profondément choqué. Car, à quoi sert un blog si on ne peut échanger, les blogs sont fait pour être lu et donc pour provoquer des réactions parfois contraires à ce qu’on a écrit, il faut donc l’accepter.

Motpassant

 

Par lechat - Publié dans : Politique
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Lundi 25 juin 2007

 

 

Une marguerite cultivar « Pink whirls » (Osteospermum). (résolution réelle 3072×2304)

 

image wikipédia.
Une marguerite cultivar « Pink whirls » (Osteospermum).
 

Ce texte extrait du blog de Pierre Rabhi exprime avec précision et talent la manière dont je tente, souvent avec insuccès de gérer ma vie. Il est des hommes comme lui qui en quelques lignes savent reproduire des sentiments profonds. Je vais de temps en temps sur son blog et je suis admiratif de la sagesse de cet homme. Alors je sais que d’aucun diront que ce discours est angélique, que la réalité quotidienne implique de se battre pour atteindre un certain niveau de vie. Nombreux sont ceux qui, en raison de leur lutte quotidienne ne peuvent que subir leur condition mais c’est pourtant souvent au sein de cette population que l’on trouve la sagesse et le bon sens. Car, réfléchir à sa condition d’être humain, à sa présence sur la planète est en fait une richesse.

Toute ma vie professionnelle s’est faite dans le bio, dont j’ai été un pionnier dans le pain et les rencontres que j’ai eu l’occasion de faire ont toujours été enrichissantes parce que j’ajoutais un produit à grande valeur symbolique dans leur quotidien. J’ai déjà eu l’occasion d’en parler dans ce blog, je n’y reviens pas mais je sais que je fais toujours partie de la vie de mes clients. Quel que soit le domaine où l’on travaille, il faut être conscient que l’on fait partie d’un tout, que chacun apporte sa pierre à l’édifice. Pour cela il faut rétablir le dialogue au sein des entreprises, à travers les générations et cela ne peut se faire que par la volonté de chacun et ne sera surtout pas apporté par la politique. Être fier de son travail, est-ce utopique ?

Pardon pour la longueur du billet.

 

<<Il ne faut pas s’accrocher aux alternatives en se disant qu’elles vont changer la société. La société changera quand la morale et l’éthique investiront notre réflexion. Chacun doit travailler en profondeur pour parvenir à un certain niveau de responsabilité et de conscience et surtout à cette dimension sacrée qui nous fait regarder la vie comme un don magnifique à préserver. Il s’agit d’un état d’une nature simple : J’appartiens au mystère de la vie et rien ne me sépare de rien. Je suis relié, conscient et heureux de l’être.

C’est là que se pose la question fondamentale : qu’est-ce que vivre ? Nous avons choisi la frénésie comme mode d’existence et nous inventons des machines pour nous la rendre supportable. Le temps-argent, le temps-production, le temps sportif où l’on est prêt à faire exploser son cœur et ses poumons pour un centième de seconde… tout cela est bien étrange. Tandis que nous nous battons avec le temps qui passe, celui qu’il faut gagner, nos véhicules, nos avions, nos ordinateurs nous font oublier que ce n’est pas le temps qui passe mais nous qui passons. Nos cadences cardiaques et respiratoires devraient nous rappeler à chaque seconde que nous sommes réglés sur le rythme de l’univers.

L’intelligence collective existe-t-elle vraiment ? Je l’ignore mais je tiens pour ma part à me relier sur ce qui me parait moins déterminé par la subjectivité et la peur, à savoir l’intelligence universelle. Cette intelligence qui ne semble pas chargée des tourments de l’humanité, cette intelligence qui régit à la fois le macrocosme et le microcosme et que je pressens dans la moindre petite graine de plante, comme dans les grands processus et manifestations de la vie. Face à l’immensité de ce mystère, j’ai tendance à croire que notre raison d’être est l’enchantement. La finalité humaine n’est pas de produire pour consommer, de consommer pour produire ou de tourner comme le rouage d’une machine infernale jusqu’à l’usure totale. C’est pourtant à cela que nous réduit cette stupide civilisation où l’argent prime sur tout mais ne peut offrir que le plaisir. Des milliards d’euros sont impuissants à nous donner la joie, ce bien immatériel que nous recherchons tous, consciemment ou non, car il représente le bien suprême, à savoir la pleine satisfaction d’exister.

Si nous arrivions à cet enchantement, nous créerions une symphonie et une vibration générales. Croyants ou non, bouddhistes, chrétiens, musulmans, juifs et autres, nous y trouverions tous notre compte et nous aurions aboli les clivages pour l’unité suprême à laquelle l’intelligence nous invite. Prétendre que l’on génère l’enchantement serait vaniteux. En revanche, il faut se mettre dans une attitude de réceptivité, recevoir les dons et les beautés de la vie avec humilité, gratitude et jubilation. Ne serait-ce pas là la plénitude de la vie ?>>

Motpassant

Par lechat - Publié dans : Personnel
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Dimanche 24 juin 2007


Didier Chamizo a pu grâce à sa peinture s’envoler au-delà des murs de sa prison.



       
 
      
     
 
     
 
 
Par lechat - Publié dans : Peintures
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Samedi 23 juin 2007
La Fondation Cartier propose du 22 juin au 28 octobre une exposition consacrée au début du rock’n Roll ” 39-59″. C’est l’occasion pour moi comme pour beaucoup de revivre une période empreinte  d’insouciance et de gaité. Ce genre de musique que les anciens de l’époque voyait comme une musique de ” blousons noirs ” a conservé toute sa magie, tout son dynamisme, malgré les années.

 

L’exemple de Buddy Holly est la symbolique même de l’importance de ce mouvement. En une période de 18 mois, il est mort dans un accident d’avion, il a su imposer sa musique et devenir une référence incontournable pour ses successeurs comme les Beatles ou les Rolling Stones. On lui prête cette citation : “Si quelqu’un vous demande quel genre de musique vous jouez, dîtes lui “pop”. Ne lui dîtes pas “rock’n roll” ou personne ne vous laissera entrer dans votre hôtel.”

Bill Halley par ses démonstrations spectaculaires au piano fait partie de ces personnages excentriques. Il a commencé à chanter en 1948 mais fut connu dans les années 50-54. Sa chanson la plus connue est ” Rock Around the Clock “. Il est mort en 1981.

Chuck Berry est mon préféré, peut-être est-ce parce j’ai eu l’occasion de le voir deux fois en France, mais surtout parce qu’il représente une période bien particulière de ma vie dans les années soixante. Il est considéré comme l’inventeur du Rock’n Roll aux aux côtés de Little Richard, Fats Domino, Jerry Lee Lewis et Elvis Presley. Ses attitudes sur scène furent reprises par de nombreux groupes. Il a eu une vie pour le moins sulfureuse mais à 80 ans il gère tranquillement sa fortune. Pour ma part je ne peux entendre sa voix sans frissonner, tous ses morceaux de musique furent des succès à l’image de ” Carole ” ” Menphis Tennesse ” Rock and Roll Music ” ” Sweet Lttle Sixteen ” ou ” Johnny B. Goode “.

Il y avait aussi Little Richard, plus tourné vers le blues à la voix déchirante. Alors qu’en 1957 il avait tout arrêté, les Rolling Stones l’ont persuadé de chanter à nouveau ce qu’il fait encore à ce jour.

Et encore Fats Domino, figure majeure du rythm’n’blues et du rock. Les Beatles lui rendent un hommage avec leur titre « Lady Madonna » qui évoque le style boogie-woogie du pianiste. En 1987, il reçoit un Grammy Awards pour le récompenser de l’ensemble de sa carrière. Il a maintenant 79 ans.

Et puis bien sûr Elvis Presley. Il reste celui qui en a fait la grande musique populaire de la deuxième moitié du 20ème siècle, l’idole de plusieurs générations de musiciens et de mélomanes. Ses interprétations sont restées des modèles du genre et peu de gens, surtout parmi ceux qui le discréditent, peuvent prétendre lui arriver à la cheville, malgré les moments ridicules de sa carrière. En 1956 il sort  : « Heartbreak Hotel », « Hound Dog », « Blue Suede Shoes » (de Carl Perkins), « Don’t Be Cruel » (d’Otis Blackwell) ou le slow « Love Me Tender » (tiré de son premier film, un western du même nom) sont des pierres angulaires du rock, qui seront repris un nombre incalculable de fois. En 1960 à son retour du servive militaire qu’il efecttue en Allemagne, il éprouve des difficultés à reprendre le cours de sa carrière, d’autres courants musicaux ont vus le le jour, la jeunesse a d’autres préoccupations mais il persiste dans ce qu’il sait faire le mieux et entre 1965 et 1975 il renoue avec le succès. From Memphis In Memphis », qui reste peut-être son meilleur album, et obtient un succès planétaire avec les 45 tours « Suspicious Minds » et « In The Ghetto ». On le découvre aussi poignant quand il dénonce le racisme et l’exclusion que quand il chante l’amour. Et, fort de ce nouveau prestige, il s’acquière à jamais son surnom : The King. Le 16 août 1977, alors qu’une nouvelle révolution, le punk, est en train d’agiter le rock, on apprend une nouvelle prévisible : le Roi est mort, d’une probable overdose de médicaments.

Motpassant

Par lechat - Publié dans : Personnel
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Samedi 23 juin 2007


_ Daniel, pourrait-on se voir, cet après-midi, avec le patron ?

La question est posée par le directeur du site avec lequel je collabore quotidiennement en tant que responsable de la fabrication, dans cette importante boulangerie biologique. Boulangerie biologique, cela veut dire que l'on ne produit que des pains et des viennoiseries élaborés à partir de matières premières issues de l'agriculture biologique et que nous respectons un cahier des charges contrôlé par un organisme reconnu par l'Etat.

J'ai toujours travaillé dans ce domaine, 25 années en tant qu'artisan et ayant vendu mon affaire, employé depuis trois ans dans cette entreprise.

_ Pas de problème. Vers 16 heures.

_ A tout à l'heure !

Sa grande silhouette s'éloigne, pendant que je continue ma tâche, qui consiste à mettre au point de nouvelles recettes mais aussi à établir des processus de fabrications spécifiques au bio.

Mon engagement dans le bio relève avant d'un état d'esprit, étant convaincu, qu'il est vital que l'alimentation en général soit naturelle respectant l'environnement mais aussi bien l'organisme humain. Tout le monde, aujourd'hui parle de produits sains, mais quand j'ai démarré en 1976, je passais pour un rêveur qui ne " tiendrait "" pas longtemps. Je me suis décidé à vendre mon affaire parce que je n'en pouvais plus physiquement et moralement. J'ai donc vendu à un concurrent, qui m'a embauché. Celui-ci, est en fait un investisseur, pour lui le bio est une opportunité et comme il disait " il espérait faire un retour sur investissement rapide ".

Je savais que ce langage, était loin de ma conception de mon métier, mais, peut-être fallait-il que je comprenne que l'époque avait changé. Ayant créé entièrement ma clientèle, des liens forts s'étaient établis avec celle-ci, basés qu'ils étaient sur une même vision de la société. L'entreprise ayant racheté mon nom, je me suis retrouvé face à ma clientèle, obligé de promouvoir une politique et des produits différents.

Ce fût le premier événement, qui me fit prendre conscience que j'aurais beaucoup de difficultés pour m'adapter, l'autre étant la différence d'âge avec le personnel, direction comprise. J'avais 54 ans. On m'avait embauché pour mon expérience et mon savoir-faire dans le bio, pour mon nom aussi, mais ces arguments ne suffisaient pas pour effacer l'ostracisme qu'il pouvait y avoir dans cette entreprise, mais petu-être était-ce le cas également ailleurs. Il me fallait donc faire beaucoup d'efforts pour m'imposer, " paraître dans le coup ". Mais je m'usais psychologiquement, car étant perfectionniste, ayant travaillé longtemps seul, il m'était difficile d'accepter les " concessions " que l'on doit faire, dans la gestion du personnel dont j'avais la responsabilité . Cependant, j'effectuais ma tâche avec passion et à la satisfaction de mon patron, qui me le faisait savoir régulièment. Nous partions, souvent ensemble, rencontrer les clients, même si j'avais plus l'impression de lui servir faire-valoir que de collaborateur.

Des réunions comme celle à laquelle, je devais me rendre, étaient habituelles, elles se déroulaient plusieurs fois par semaine.

La salle de réunion est grande, des échantillons encombrent les tables, le patron est déjà assis, quand j'arrive, suivi du directeur. Je suis serein, car j'aime ces briefings qui me permettent d'expliquer mon travail à ces deux hommes qui ne sont pas du métier.

_ Bonjour Daniel, asseyez-vous. Je perçois un léger trouble mais avec moi, il a toujours été comme cela, le fait qu'il soit beaucoup plus jeune que moi et que surtout, il dépende entièrement de moi pour ce qui est de la production, ces éléments le mettent, me semble-t-il en état d'infériorité.

_ Bonjour. Je m'assieds, attendant qu'il prenne la parole. Le silence se prolonge et je m'étonne.

Il se tourne vers moi, je sens dans son regard qu'il s'engage avec une hésitation inhabituelle.

_ Bon, Daniel, vous savez combien, j'apprécie le travail que vous avez accompli au cours de ces trois années ( trois années jour pour jour ), et je vous en suis reconnaissant.

La qualité est maintenant régulière et l'équipe fonctionne bien. ( Il faut dire que dans ce domaine, trouver du personnel de qualité est difficile, à cause de la pénibilité et aussi des salaires trop bas). Je voulais vous rencontrer aujourd'hui, car maintenant que l'entreprise est sur la bonne voie, il faut passer à une autre étape. ( j'avais été embauché à quelques mois près, en même temps que le rachat de sa propre entreprise, nous avions donc tous les deux le même historique, le directeur étant venu plus tard .Cela créait, qu'il le veuille ou non une certaine forme de complicité.) Il s'interrompt quelques secondes, pendant que mon esprit commence à s'égarer ne comprenant pas où il veut en venir.

Il reprend :

_ Je dois rajeunir l'équipe. Il me semble que vos méthodes ne soient plus adaptées, à ce jour, des boulangers se sont plaints de votre rigidité. Et puis depuis quelques mois, je vous sens fatigué. Il faut donc trouver une solution pour que vous puissiez prendre votre retraite. Et puis, il y a également le problème de votre salaire qui est trop élevé, l'entreprise doit faire des économies pour trouver son équilibre. Mais ne vous inquiétez paz, nous trouverons une solution.

Je suis anéanti, mes yeux se brouillent, pris de tremblements, il m'est impossible de réagir. Je ne vois plus rien, ma vie s'écroule. Mon travail est ma vie et, en quelques mots, quelqu'un a détruit ma vie, ce que j'avais construit tout seul, n'ayant pas eu la possibilité de faire des études, le fait d'avoir créé une eentreprise et qu'ensuite on m'avait embauché pour mon savoir-faire et ma renommée avait largement compensé. Et là, en une seconde, tout cela était nié !

J' abrège la relation de cet entretien car cela m'est encore difficile.

Je me suis levé, inconscient. C'était en Juin 2004, je suis entré dans une dépression qui n'est pas terminée à l'heure actuelle.

 

 

Motpassant

Par lechat - Publié dans : Personnel
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Vendredi 22 juin 2007

Au fil de mes billets vous avez dû remarquer que je fais souvent allusion à l'âge. C'est un défaut dont on me fait parfois le reproche. Les lieux communs ne manquent pas pour évoquer l'image de la vieillesse et j'ai du mal à me faufiler parmi ceux-ci pour exprimer la grande tendresse et la plus profonde émotion que représente pour moi ce stade de la vie. Et c'est dans la plus grande naïveté consentante que j'essaie d'imaginer comment peut-on accumuler autant de sentiments, autant de rencontres, autant d'interrogations.

 

Alors, je sais bien que les choses arrivent progressivement, que le temps sournoisement accompli son oeuvre et que l'on doit assimiler jour après jour les surprises de la vie. Je sais tout cela, mais la rencontre d'une personne âgée provoque toujours chez moi une certaine avidité de savoir, de connaître le chemin emprunté, de puiser égoïstement des ressources pour mon avenir et tout cela avec une émotion telle qu'il m'arrive de ne pas retenir mes larmes.

 

Souvent s'installe des moments de silence, peut-être est-ce parce qu'il est vain de prononcer des paroles qui ont sûrement été souvent prononcées ou est-ce de la pudeur, ou est-ce un retrait volontaire. Il faut souvent insister pour découvrir telle ou telle période, comme un livre dont les pages auraient été collées. Mais aussi parfois les yeux s'éclairent et la parole se répand sur l'auditoire comme une vague venue du fond de l'océan. Puis le silence revient parce que souvent l'émotion est trop forte, pudiquement on change de sujet, mais on sait que malgré tout on a fait revivre un épisode pourtant enfoui depuis longtemps parmi tant d'autres.

 

Quand l'âge est venu de profiter des jours, qu'il n'y a plus d'obstacles, quand il n'y a plus qu'à vivre son destin alors on se fait à l'idée que la mort n'est pas loin, mais elle n'entame pas la volonté de vivre au contraire car, on a accepté l'inéluctable.

Motpassant

Par lechat - Publié dans : Personnel
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Jeudi 21 juin 2007
Smic à 1500 euros, généralisation des 35 heures, ce sont des idées qui ne sont pas crédibles pas cohérentes avec le projet socialiste. Voilà ce qu’a déclaré Ségolène Royal.

La suite de l’article est dans la même ligne.

Cependant je voulais relever cela, non pas pour ajouter à la polémique, mais pour stigmatiser le fait qu’un personnage politique s’arroge le droit de mentir à des millions de français. Dans ce cas c’est d’autant plus grave que ce message s’adresse à une partie de la population qui souffre d’un manque de pouvoir d’achat et qui mettait tous ses espoirs en la parole de la candidate.

Une fois de plus la preuve est faite que le cynisme s’est immiscé dans les esprits et que rien ne peut stopper l’ambition d’une personne qui prétend recueillir le suffrage des mêmes personnes qu’elle trompe délibérément.

Mais ce qui me surprend le plus c’est que malgré ces révélations des millions de personnes continueront à suivre les yeux fermés, continueront à croire aux promesses, continueront à se laisser berner. Comment cela est-il possible ? Par quelle alchimie une population devient soudain amnésique ?

Elle a parlé de morale dans sa campagne, au cours du débat avec Sarkozy alors qu’elle savait qu’elle mentait,

Quand sera venu le temps où les gens descendront dans la rue pour dire aux politiques que l’on ne doit pas les prendre pour des imbéciles.

Mentir n’est-ce pas une chose grave ? On apprend aux enfants à ne pas mentir.

J’en suis vraiment à me demander si cette femme est consciente de ce qu’elle fait ou si, plus grave, elle fait preuve d’arrogance, de mépris vis-à-vis de ses compatriotes.

Je dois être un grand naïf et probablement que je ne devrais pas m’étonner de cette situation, je devrais me dire que le monde d’aujourd’hui est comme ça, qu’il faut faire avec mais je n’y arrive pas. La subjectivité est de mise, les comportements sont fluctuants et tout cela au détriment de la sincérité ou du moins de la recherche de l’écoute de l’autre.

Faut-il se taire et laisser faire ?

Et à la suite de ces réflexions comment peut-on encore faire confiance à ce que l’on nous promet. Par nature je serais tenté d’espérer, mais par expérience je doute beaucoup sur la sincérité d’une part et sur la réussite des mesures d’autre part. Cependant je n’ai pas la solution, alors peut-être une fois de plus faut-il attendre en courbant les épaules pour que cela ne nous retombe pas dessus.

Par Valdenaire - Publié dans : Politique
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Jeudi 21 juin 2007
Par Valdenaire
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Mercredi 20 juin 2007

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Par Valdenaire - Publié dans : Sculpture
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